
On attendait des bras, il vint des hommes
Au-delà des flux, au delà de la comptabilisation, des larges analyses, le livre de Mino Faïta éclaire des individus, leurs motivations et leurs engagements. Ce travail historiographique nous donne à comprendre la singularité des êtres cachés derrière ces bras.
Car si la misère et les injustices sont l’explication la plus évidente des flux migratoires (étudiés dans ce livre de 1860 à 2010), elle semble incomplète au regard du nombre d’individus concernés. Derrière les analyses de masse, plus mécaniques, on distingue dans cet ouvrage des motivations intimes et culturelles, nourries de siècles d’histoire, de savoirs professionnels et de désirs d’autonomie. Ambitions professionnelles et sociales mais aussi dynamiques culturelles sont en cause dans cette incroyable pénétration des entreprises italiennes du bâtiment, partout où les espaces sont vides d’hommes et d’initiatives.
S’immerger dans la complexité signifie en l’espèce chercher, dans l’individu qui arrive, les traces de son passé ; l’observer sur ses terres au lieu de le voir uniquement au moment où il franchit les frontières ; confronter le mythe ou le cliché à la réalité. Il s’agit dès lors de passer d’une histoire de l’émigration « de subsistance » à celle, fondée sur une vision plus large, qui connaît, outre le désir d’échapper à sa condition, celui de découvrir, de donner sens à sa vie.
Lire l’article du thetablog sur le livre de Martine Storti :
« L’arrivée de mon père en France »
Lire le webzine sur l’Italie et l’Italie à Paris : Italopolis
Jusqu’au 18 septembre 2010
Exposition photo « Sur les traces des bâtisseurs ».
Espace Ecureuil Masséna – 6 Place Masséna, Nice
Horaires : du mardi au samedi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h (sauf samedi après-midi).
Exposition photo des portraits couleurs pris par Robert MATTHEY
lors de la collecte des témoignages d’ouvriers et dirigeants de l’entreprise Jean Spada.