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La Taxe Carbone : en savoir +
Categories: Mises en culture
David Martin et Mécanos Productions présentent un documentaire qui rassemble des témoignages d’experts autour d’un sujet : la taxe carbone. Il ne s’agit pas là de donner un avis sur la proposition du gouvernement mais de faire le tour des éléments qui permettent de se déterminer.

La taxe carbone n’est pas une invention de Nicolas Sarkozy. Depuis plusieurs décennies déjà, sans réellement faire parler d’eux, des experts sont mobilisés pour affirmer que l’humanité se déplace et déplace ses marchandises à trop faible prix et à des coûts environnementaux et sociaux trop importants. Ce sont eux qui ont la parole.

Pourquoi payer le transport plus cher ?

contre la dispersion (extrait du documentaire : Yves Martin, ancien Président de la MIES)

Pour lutter contre la surconsommation non seulement des ménages mais aussi des industriels.Pour modifier l’urbanisme fondé sur l’automobile. Pour éviter naturellement les délocalisations car, le coût du transport étant renchérit elles n’auraient plus d’avantage financier. Pour rapatrier ainsi travail et production à proximité des consommateurs, réduisant d’autant les interdépendances dangereuses entre les pays. Et enfin, pour réduire les émissions de carbone dans l’atmosphère. L’idée semble excellente dans un monde dont toute l’organisation est liée à cette possibilité de mobilité à relativement faible coût.

la mobilité a un coût (extrait du documentaire : Yves Martin, ancien Président de la MIES)


Quel est le revers de la médaille ?

Nous ne sommes pas dans un monde neuf. Les humains habitent de plus en plus nombreux en périphérie des villes dans des ensembles urbains étalés, insuffisamment denses pour y rentabiliser des transports en commun, dans lesquels tout est prévu pour l’automobiliste. Il en est ainsi des villes américaines mais aussi de la plupart des banlieues européennes… On a, pendant des décennies, convaincu les populations du bien-fondé de la maison individuelle et de son jardinet sans anticiper qu’une telle concentration ainsi déployée finirait par créer des lieux sans accès, autre que la voiture, aux nécessités courantes.

S’ajoutent à cela une mondialisation accélérée et son cortège de délocalisations, la multiplication des voyages professionnels comme personnels et l’incroyable quantité d’échange de marchandises. Voilà avec quel monde il convient aujourd’hui de travailler. Dès lors, l’augmentation du prix des transports aura des vertus à long terme c’est certain. Mais les premières victimes seront les classes moyennes et pauvres, celles qui se sont éloignées des villes et dont toute l’économie de vie repose sur l’autonomie et la mobilité… sur l’automobile donc sur le carburant soumis à la taxe carbone. Or, même s’il est démontré (cf : “Taxe Carbone, une mesure socialement régressive ? Vrais problèmes et faux débats” par Emmanuel Combet, Frédéris Ghersi et Jean-Charles Hourcade) que les plus riches seront les plus gros contributeurs, ces classes moyennes et pauvres sont celles pour lesquelles la part des dépenses énergétiques dans le budget est la plus importante. “Le bien-être des plus pauvres est donc a priori plus affecté à la fois par un effet revenu (baisse du pouvoir d’achat) et par un renchérissement qui touche des biens essentiels (plus forte baisse d’utilité).”

les naufragés de l’automobile (extrait du documentaire : Yves Martin, ancien Président de la MIES)



Des solutions compensatoires indispensables

Il est donc absolument nécessaire, afin de préserver un niveau de vie acceptable pour des millions de gens, de prévoir des mécanismes de compensation financière. Incitations fiscales, prises en charge collectives, défiscalisations font partie de la boîte à outils qui doit impérativement accompagner la mise en place d’une taxe carbone.

Cela signifie concrètement que les travaux dans les habitations, l’achat de véhicules plus propres, l’utilisation-relais de transports en commun, le stationnement afférent doivent pouvoir s’exécuter à moindre coût pour que le budget des ménages puisse se rééquilibrer au bénéfice de la société humaine.

Cela signifie également au plan collectif une volonté affirmée, concrète et constante d’étudier un urbanisme moins contraignant sur le plan des transports, peut-être même de renoncer – partiellement au moins – à l’idée que la panacée de l’habitat soit une maison et son jardinet. Et dans ce cas, faire admettre à cette population installée dans un chez soi – sans les autres – que le bruit du voisin n’est pas une horreur insurmontable, voire une occasion d’échange et d’expression de respect mutuel. Notre société a du chemin à parcourir.

Des fonds à restituer

Il s’agit donc pour l’État d’utiliser les fonds prélevés sur la taxe carbone pour les réinjecter dans l’économie urbaine, industrielle et énergétique, de recycler l’argent collecté dans un système vertueux d’amélioration technique, urbain et économique.  L’UFC-Que choisir exige un chèque vert et se fait une religion de voir chaque centime versé restitué. La position est retenue par des personnalités éminentes telles que James Hansen (climatologue américain, directeur de l’institut Goddard d’études spatiales de la NASA) et Michel Rocard y est favorable sous condition de ressources.

«En tant qu’homme d’affaires, il est difficile de plaider pour une nouvelle taxe. Mais je trouve qu’une taxe carbone est une approche plus directe, plus transparente et plus efficace. C’est aussi le moyen le moins cher de refléter le coût du carbone dans toutes les décisions économiques.» Cette phrase prononcée le 8 janvier 2009 par Rex W. Tillerson, PDG d’ExxonMobil, a fait sensation. Peut-être Mr Tillerson a t-il constaté l’inefficacité des systèmes de quotas qui, outre qu’ils ne concernent que les producteurs d’énergie, soit 20% des émissions, ont donné lieu a une spéculation proprement scandaleuse sur les marchés à terme. Et par ailleurs, ils sont un objet d’échange permanent entre pays riches et pays pauvres, rarement au bénéfice de ces derniers.

Or “… nous le voyons bien , il y a urgence.  Vous savez que je préside une Commission  sur les pôles. Tout ce que j’apprends aujourd’hui montre que les catastrophes sont bien plus amples que l’on croyait. Et tout incite à mettre en  œuvre un système fiscal suffisamment incitatif et  brutal pour permettre de faire en sorte que nos petits enfants et arrière petits enfants ne rôtissent pas dans une planète cuite.  J’ai bien conscience que cette fiscalité viendra en complément de ce que fait déjà l’Europe pour ralentir les émissions  de gaz à effet de serre.” Michel Rocard.

Si la prise en charge de ce dossier sur le plan politique peut être contestable, le documentaire de David Martin s’installe sur un autre registre : pas le politique, pas la dénonciation d’injustices, celui, plus concret, des experts scientifiques. De ce point de vue, il laisse à son spectateur une liberté d’opinion même s’il défend un point de vue de façon claire.

« Un avenir à quel prix »

AUTEUR REALISATEUR : DAVID MARTIN IMAGE : MAXIME SOULARD AND CO MONTAGE : FRANCK LEPLAT ANIMATION : CLEMENT BORDET MONTAGE SON ET MIXAGE : ALEXI ASSADOURIAN PRODUCTION : JEAN MICHEL RODRIGO, MARTINE VIDALENC COPRODUCTION : MECANOS PRODUCTIONS ET 109 FILMS AVEC LE SOUTIEN DU MINISTERE DE L’ECOLOGIE, DE L’ENERGIE, DU DEVELOPPEMENT DURABLE ET DE LA MER

En sélection aux Rencontres Cinéma-Nature qui aura lieu 25 au 28 mars 2010 à Dompierre-sur -Bresbe

Ce film a été présenté au public au Sommet de Copenhague

Conférence des experts sur la contribution Climat et Énergie

Retrouver Thetapress et la taxe carbone sur Goodnesstv

Lire sur le thetablog :
Quand la cité doit accueillir les arbres
La société toxique

Info du jour : 31 aout 2010 dans Le Monde

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