le thetablog
by thetapress
Standing ovation pour
Loïc Lantoine

©thetapress- D. Kalioris

Le soir de la première, à la Boule Noire à Paris.


De la poésie, de la conviction, du talent et de l’humour. On sent la connivence d’un travail commun entre les quatre artistes. Des textes récents, des textes d’avant, des textes des grands poètes qui ont façonnés Loïc, ou peut-être inspiré seulement. Est-il façonnable ? Rien n’est moins sûr. Indépendant, il cherche une voie, la sienne, sortie des préconçus, des pré-requis, des prédéterminés…Avec ses compagnons de création et comme chacun d’eux, il exerce sa liberté d’être.


Engagé


Un poète engagé ? Ah non ! Il ne veut donner de leçon à personne Loïc. Une vie engagée ? Sans doute, puisque ”il aime la bagarre” ! Il semble si doux que cela fait sourire ; il s’agit donc bien des idées, les siennes défendues entre autres avec La Rue Ketanou.

Écrire ?

Il suffit d’oser. On pourrait presque le croire tant cela paraît simple dans sa bouche et au bout de son stylo. Toutefois, quand on l’écoute, l’évidence est que chacun ne trouve pas ce talent dans le seul désir d’essayer.
La musique ? il n’y connaît rien. C’est la magie que lui offrent les trois autres.

Découvert

Lorsque je m’installe dans la salle, un couple s’assied devant moi. “Restons au fond pour pouvoir sortir !” dit-elle. Ils manifestent une certaine appréhension à l’idée du spectacle qui les attend. “C’est notre fille, explique t-elle. Elle nous a offert ces places et nous sommes vraiment là pour lui faire plaisir.” Devant mes yeux interrogatifs, il précise : “Elle nous a déjà fait cadeau du disque mais je dois dire qu’on n’a pas accroché. Elle a insisté pour qu’on vienne le voir malgré tout.” Il veut savoir si je connais.
Oui, j’ai déjà vu Loïc Lantoine accompagné de François Pierron, il y a plusieurs années au Lavoir Moderne. Son mentor, Allain Leprest était venu chanter avec lui.  Je leur affirme qu’ils sont en face d’un vrai et beau poète français, bourré de talent, et que leur fille leur a fait un très beau cadeau. Ils sourient.
Le concert se déroule. La salle est venue écouter les textes et une musique plus sophistiquée qu’il y a quelques années. Trois musiciens dont un compte pour plusieurs : Joseph Doherty joue de tout, se joue de tout. François, compositeur et tellement complice et Éric, à la guitare. Et Loïc à l’incroyable voix au timbre tour à tour fluet ou rauque, à la manière des grands blues men, qui déclame, parfois chante vraiment, en tout cas occupe pleinement l’espace sonore et le peuple d’émotions qui traversent la salle.

Mûri

Ce Loïc Lantoine-là a manifestement travaillé son spectacle mais pas seulement. C’est aussi un homme mûri, plus sûr de l’artiste qu’il est, mieux présent en scène, en relation forte avec son public qui nous séduit, nous entraîne dans sa poésie, dans ses mots. La salle le suit, vibre.
Deux heures pendant lesquelles il n’économise pas son énergie. Deux heures de générosité artistique qui vont droit au cœur d’un public venu là pour ça.

Applaudi

Et lorsqu’après deux rappels, le concert s’achève : standing ovation !
Et mes deux voisins devant sont debout aussi, applaudissant à tout rompre. Ils se retournent. “Vous aviez raison. C’est formidable !”.
Merci à tous les quatre.



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